de Haute-Savoie

COMMUNIQUE DE PRESSE

Une délégation des Savoie et de l'Isère au procès de la ferme-usine des 1000 vaches à Amiens

18.06.2015

Une délégation de 40 personnes (militants syndicaux et citoyens) de Savoie, d'Isère et de Haute-Savoie s'est rendu à Amiens pour le procès en appel des 1000 vaches, où parmi les neuf prévenus se trouvait Thierry Bonnamour (porte-parole de la Confédération paysanne de Savoie). Le financement du bus a été assuré par la vente de produits du terroir sur place, par une participation des passagers, mais aussi par la générosité de nombreux donateurs. Parmi les personnalités présente s pour ce voyage - Mr Daniel Ibanez de la Coordination des opposants au Lyon-Turin qui, sur la scène à tenu un discours sur les couteuses erreurs d'appréciation des autorités sur les GPII (Grands Projets Inutiles et Imposés). Sur place 3000 personnes sont venues défendre la liberté syndicale et réclamer la relaxe des 9 de la Conf'.

 

A l'intérieur du tribunal les débats portent sur des détails de l'accusation, mais aussi sur des grands principes tel que l'état de nécessité qui permettrait la relaxe des prévenus. En effet, la Confédération paysanne revendique l'action collective et l'état de nécessité, puisque tous les moyens légaux d'action syndicale avaient été utilisés auparavant, mais restés vains face au laisser-faire gouvernemental à propos de l'industrialisation de l'agriculture. Les prévenus ont eu l'oreille attentive des juges. Olivier De Schutter, ancien rapporteur pour l'ONU*, jusqu'en 2014, pour le droit à l'alimentation a été présent à la barre en tant que "témoin de moralité". Voici quelques-uns de ces propos : "Depuis plus de cinquante ans, l'agriculture industrielle pousse l'agriculture paysanne dans ses derniers retranchements. Or cette agriculture intensive a trois caractéristiques : elle substitue une logique économique à une logique écologique, elle a une très forte dépendance aux énergies fossiles, et elle ne prend pas en compte plusieurs externalités négatives – environnementales, sanitaires, sociales – dans son prix aux utilisateurs. Elle mène tout simplement à la fin du monde des paysans » ou « Ils sont, dans ce que l'on appelle en droit, un état de nécessité. Ils n'ont pas d'autre choix car ils sont dans une impasse complète. La question est de savoir pourquoi les canaux politiques sont autant asservis aux intérêts de l'agro-industrie ». Quant à la partie civile, c'est-à-dire les 5 sociétés de la ferme-usine des 1000 vaches représentée seulement par son avocat, elle a manifesté moins d'arrogance que lors du procès en première instance du 28 octobre 2014. En effet, cette usine à vaches est elle-même dans l'illégalité, puisque la Préfecture d'Amiens, après un contrôle inopiné le mardi 9 juin 2015, a compté 796 vaches au lieu des 500 autorisées. Ils ont reçus une mise en demeure de faire repartir les 300 vaches de trop d'ici 15 jours. Le ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll a promis des sanctions. Quant au procureur, il réclame le maintien des peines, mais émet quelques doutes sur la solidité des accusations à l'égard de Thierry Bonnamour.

Le délibéré sera prononcé le 16 septembre 2015.


Contacts :
Thierry BONNAMOUR - Porte-parole, Confédération paysanne de Savoie - Envoyer un mail - tél: 06 18 67 31 93
Du lundi au vendredi de 9h30 à 17h - sauf déplacement
Maison de l'agriculture - 52 avenue des île, 74994 Annecy Cedex 09