DNB : la Conf' dénonce un protocole sanitaire intenable !
DNB : un protocole sanitaire intenable !
La Confédération Paysanne de Haute Savoie a rencontré ce jeudi 30 avril les préfètes de Savoie et Haute-Savoie au sujet de la dermatose nodulaire bovine (DNB).
La crise de la DNB a débuté il y a bientôt un an, une crise sans précèdent ayant entrainé l'abattage de 1630 vaches environ en Pays de Savoie, qui a marqué à tout jamais de nombreuses familles et paysans. Elle est aussi responsable d'une surcharge conséquente de travail et de stress pour la totalité des éleveuses et éleveurs savoyards. Et malheureusement, ce n'est peut-être pas fini…
Alors qu'un premier épisode de vaccination a été mis en œuvre rapidement par les éleveurs et bergers savoyards malgré les conditions, la Confédération paysanne acontesté dès le départ le protocole, demandant une vaccination élargie au territoire français couplée à l'arrêt de l'abatage total et au déclassement des bêtes vaccinées au niveau européen afin qu'elles puissent être vendues dans les filières habituelles.
À ce jour, aucune évolution du protocole n'a été acceptée par les services de l'État, malgré l'épisode ariégeois venu s'ajouter l'automne dernier. L'enquête épidémiologique sur l'origine de la diffusion du virus en Europe promis par l'Etat, patine et devrait être rendue au plus tôt cet été.
Les éleveurs des zones vaccinées se voient obligés de vacciner pour la deuxième fois leurs bêtes, alors que leurs troupeaux sont toujours sous la menace d'être abattus en cas de symptômes.Aucune harmonisation des zones vaccinées n'a été possible dans les Savoie, créant de l'incohérence et de la complexité pour les éleveurs.
La saison d'alpage débute dans quelques jours et le protocole qui vient de nous être dévoilé n'est tout simplement pas réalisable. Certains alpages pourraient être bien vides cet été…
Vacciner des bêtes dans des bâtiments ou stabulations de stockage dans la vallée à leur arrivée, pour les faire patienter 28 jours en quarantaine, avant de les envoyer vers les alpages, est inacceptable. La ministre de l'agro-incompétence doit se réveiller et autoriser la vaccination de ces bêtes dans leur ferme d'origine dès maintenant !
Dans ces conditions et prenant acte d'aucune écoute envers notre syndicat depuis de nombreux mois de crise, la Confédération Paysanne de Haute-Savoie attachée historiquement a la liberté vaccinale, demande à l'Etat d'adapter son protocole. Il est essentiel de respecter enfin les choix des éleveurs quels qu'ils soient en permettant une vaccination élargie aux éleveurs bovins qui le souhaitent et en leur donnant la garantie que leurs troupeaux ne seront plus sujets à l'abattage total.
En l'état, la Confédération paysanne de Haute-Savoie soutiendra donc:
- les paysans qui souhaitent vacciner mais en sont interdits,
- ceux qui ne souhaitent pas vacciner pour la deuxième fois, sans conditions,
- mais aussi les fermes qui pourraient être touchées par la maladie et menacées d'abattage total.
Le seul argument qui nous mènerait à accepter la vaccination est : l'arrêt immédiat de l'abattage total.
La Confédération Paysanne de Haute-Savoie appelle également l'État à la mesure et au dialogue concernant les éleveurs qui refuseraient la vaccination alors que la couverture vaccinale est largement atteinte dans notre département. L'acharnement de l'État ainsi que le recours à des méthodes violentes le dessert. Nous tenons à dénoncer fermement ces pratiques.
Dans ce contexte la Confédération Paysanne, s'attend malheureusement à vivre un été tourmenté et à intensifier encore son niveau de lutte face à cette situation.
La Confédération paysanne de Haute-Savoie
Contact presse :
Charles Anthonioz 06 84 96 85 02








